L’ombre souligne la puissance de la lumière, des paysages, des corps qu'elle révèle.
Elle voile et dévoile les formes, les charge d’épaisseur, les allège aussi pour en saisir les ultimes expressions.

La part de l’ombre est ce qui échappe à la clarté aveuglante du réel pour mieux en suggérer la densité et la porosité.
Confrontation entre image et réalité, dédoublement, métamorphose, l’ombre propose une nouvelle réalité.

Redessiner obstinément sur le papier les contours incertains d’une condition humaine, c’est le projet que je me suis donné avec mes matériaux et outils de prédilection : graphite, fusain, pierre noire ou charbon.

Familière présence du mystère : les ombres accompagnent nos gestes et notre pain de chaque jour…
La part de l’ombre, ce sont aussi ces états d’âme, ces pensées, ces divagations, ces sensations que nous reléguons dans les tréfonds de notre être. La lumière vient souligner ce type d’émotions et les images s’harmonisent avec cette part d’ombre.

Les ombres du paysage, qui s’offrent chaque jour à nous, nous permettent une lecture sans cesse renouvelée du réel.
Nous sommes pétris de ce même carbone que la nature qui nous environne et nous constitue.
Les ombres matinales nous questionnent : où sommes-nous ? où est l’autre ? Que connaissons nous de nous ?

Sortir de l’ombre, prendre conscience de l’ombre…

Les ombres des individus rencontrés, présences anonymes mais réelles.
Les  ombres des oubliés que sont les migrants ou ces visages inconnus et lointains qui désireraient sortir de l’ombre et s’approcher de nous… comme un désir farouche d’être enfin en pleine lumière sans qu’elle soit aveuglante.

Une ombre, deux ombres : plusieurs présences qui nous interpellent sur nos relations.

Denis Lafontaine, août 2016

 

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